1°
ANALYSE DE LA STRUCTURE DE LA PERFORMANCE DANS LA DISCIPLINE DE L’EOUITATION
Facteurs
intervenant dans la production de la performance sportive
Facteurs
sociaux et institutionnels
Facteurs
bio-anthropométriques
2°
CARACTERISTIOUES DES SPORTIFS DU GROUPE EN CHARGE & TESTS
Calendrier
des compétitions de dressage 2003
Découpage
et justification des cycles d’entraînement
4
MOYENS DE CONTROLE DE L’ENTRAINEMENT PREVUS DANS LA PLANIFICATION ANNUELLE
Contrôle
du niveau d’adaptation
Mésocycle
du macrocycle précompétitif
Mésocycle
du macro-cycle compétitif
La discipline du dressage est la base de l’équitation
puisque son objectif est la mise en valeur des qualités du couple
cavalier-cheval évoluant dans une parfaite harmonie.
Les compétitions de dressage visent à montrer la
rectitude, le rythme et l’harmonie des mouvements du cheval. Le cavalier
enchaîne des figures imposées à différentes allures, selon différents critères.
Plusieurs juges (en général trois) sont chargés de noter de 0 (mouvement non
exécuté) à 10 (excellent) tous les airs et transitions du cheval. Ils
attribuent également une note d’ensemble pour l’impulsion (= désir du cheval à
se porter en avant), les allures, la soumission, l’assiette (=manière dont le
cavalier est assis sur son cheval et y adhère), la position et les aides du
cavalier.
Le déroulement de chaque épreuve est établi à l’avance et
le cavalier doit s’y soumettre sous peine de disqualification.
Cependant, il existe une reprise dite libre en musique
(RLM ou Kür) qui comprend un certain nombre de figures imposées que le cavalier
doit intégrer dans sa reprise comme il le désire ; il reste libre du choix de l’enchaînement
des figures et de la musique. Le jury attribue, comme en patinage artistique,
une note artistique (rythme, énergie, élasticité des allures ; degré de
difficulté et qualité de l’exécution des mouvements ; harmonie entre cavalier
et cheval ; chorégraphie et utilisation de l’espace et originalité du tracé ;
choix de la musique et concordance avec les allures) et une note technique
(évaluation des différentes figures imposées).
L’épreuve se déroule dans une carrière de 60X20m dont les
barrières portent des lettres en des points définis par la réglementation
internationale. Ces repères permettent de codifier avec précision les figures
qui constituent les reprises. La succession et la nature des figures imposées
dans une reprise sont établies selon le niveau de la compétition et l’aptitude
particulière que le jury désira apprécier.
Le concurrent qui a obtenu le plus de points est déclaré
vainqueur de l’épreuve.
Notre attention se portera sur un groupe de 4 cavaliers
évoluant actuellement dans la catégorie des + de 27 ans dans la discipline du
dressage à niveau régional. L’objectif principal de 2003 sera de les amener à
deux échéances nationales (championnat de France par équipe à Lamotte-Beuvron
en juillet 2003 et championnat de France individuel en octobre 2003 à Saumur).
La réalisation de performances sportives fait apparaître
la mobilisation et surtout l’interaction d’un certain nombre de facteurs
favorables
Le groupe est composé de 4 cavaliers amateurs ayant tous
une activité professionnelle dans des milieux divers (médecine, usine,
restauration, social) posant le problème des horaires d’entraînement.
Aussi, la catégorie sociale influe beaucoup le processus
de l’entraînement. En effet, il est bien connu que l’équitation est le plus
souvent pratiqué par une classe sociale aisée, bien
que ce sport tende à se démocratiser. La fréquence des séances d’entraînement
doit, de ce fait tenir compte de ce paramètre.
De plus, la tête du classement en compétition est le plus
souvent réservé à des chevaux qualiteux. Actuellement,
seuls les cavaliers investissant dans des équidés valant une fortune rentrent
victorieux à la fin d’un week-end. Les places secondaires sont laissées aux
cavaliers amateurs désireux d’améliorer leurs performances sportives par un
apprentissage sérieux.
Ce phénomène soulève alors question de la logique et des
objectifs de la politique sportive mise en ouvre.
D’un point de vue compétitif, les cavaliers évolueront
dans des épreuves régionales afin de les présenter à deux finales de ligue
(championnat d’Alsace par équipe et individuel). L’objectif terminal de la
saison sera de les amener à deux échéances nationales (championnat de France
par équipe et individuel).
Le groupe des 4 cavaliers en charge ne disposant pas de
chevaux personnels, ils évolueront sur des chevaux d’école ; on pose ici la
question de la gestion de la cavalerie, vu le fait que ces mêmes équidés
effectuent plusieurs heures de travail par jour avec des débutants ou des
débrouillés (problème de rentabilité).
Les cavaliers évolueront principalement au sein du centre
équestre sur une carrière aux dimensions de celle des compétitions pour l’entraînement
hebdomadaire. De plus, des stages de préparation intensive sont programmés
pendant la période préparatoire (amélioration de la locomotion du cheval et
travail technique du cavalier).
Le contexte de la performance sportive exige de mobiliser
de manière régulière et continue des ressources psychologiques qui sont
constitutives des caractéristiques affectives, cognitives ,
mentales des sportifs.
L’entraîneur doit prendre en compte les qualités
psychologiques du cavalier avant la mise en place et l’élaboration d’un plan de
formation.
Ce groupe d’adultes a débuté l’équitation relativement
tard (vers 40 ans pour certains), et cherchent à valoriser leurs compétences
par rapport à la population majeure des pratiquants du centre équestre qui est
relativement jeune. Il existe un réel besoin de sortir du lot des cavaliers
amateurs de base et ces sujets désirent montrer leurs qualités équestres
vis-à-vis des plus jeunes.
Aussi, le sportif adulte est plutôt attiré par une
motivation intrinsèque, en recherche permanente de conseils pour améliorer sa
performance.
En effet, grâce aux protocoles (feuilles de notation avec
commentaires) remis aux cavaliers à la fin d’une épreuve, le sujet analyse ses
erreurs et en tire les points faibles pour affiner en permanence son geste à l’aide
de l’entraîneur.
Certes, le besoin de s’évaluer par rapport aux autres en
compétition existe, de même que la satisfaction du classement ou de la victoire
de l’épreuve, mais la recherche permanente du geste parfait prédomine.
tient
également une place prépondérante.
En effet, la capacité à poursuivre des efforts et à subir
des charges d’entraînement tout en maintenant l’intérêt et la persévérance
semble plus forte chez des cavaliers adultes si on les compare à des
compétiteurs plus jeunes. Les charges d’entraînement semblent toujours
insuffisantes à leurs yeux, même si les objectifs ont été atteints. Ils ont
plutôt tendance à foncer « tête baissée » en laissant de côté d’autres
facteurs, notamment physiologiques et biologiques.
à
savoir la capacité de se surpasser et de s’affirmer est importante tout au long
de l’entraînement.
c’est-à-dire
la capacité de résister aux pressions de l’environnement, à gérer les
expériences de réussite ou d’échec n’est pas encore très forte, surtout en
période de compétition. La victoire d’une épreuve est effectivement le fruit du
travail préalablement fourni, mais, pour ces cavaliers, elle peut précéder un
échec, ces sujets se reposant parfois trop sur les acquis.
Par contre, dans le cas d’une contre-performance en
compétition, l’entraînement est repris avec plus d’assiduité encore qu’auparavant,
renforçant encore plus leur motivation, même si quelques jours de réflexion et
de remise en question sont nécessaires.
à savoir la capacité à mobiliser
de manière stable et adaptée le potentiel psychologique n’est, par contre, pas
encore tout à fait acquis. Les compétitions régionales ne posent pas trop de
problèmes, mais, lors d’échéances plus importantes (finales), on observe de
grosses lacunes à ce niveau, se traduisant par des erreurs dans l’enchaînement
des mouvements (erreurs de parcours, manque de précision, rupture de cadence
des chevaux, manque d’impulsion, problèmes de soumission) car les cavaliers
sont figés ou tendus et n’arrivent plus à exploiter au maximum leur monture.
reste
aussi aléatoire, les cavaliers n’ayant pas encore la capacité de faire face aux
situations d’incertitude et d’enjeu et n’arrivent pas toujours à adapter de
manière efficace leurs ressources mentales et affectives.
Ainsi, l’ensemble de ces observations de terrain et l’étude
de ces cavaliers en situation mettent en évidence des caractéristiques
psychologiques comme l’agressivité, la combativité, un fort sentiment de
contrôle, une estime de soi développée, une prise de risques, une résistance
psychologique aux facteurs stressants d’une situation,...
En équitation, ces caractéristiques sont principalement à
prendre en compte pour l’accomplissement d’une performance, les qualités
physiologiques étant plutôt à mettre en relation avec le cheval. Le cavalier
doit gérer sa monture en permanence car, même si l’équitation est considérée
comme un sport individuel, il ne faut pas perdre de vue que l’individu est en
étroite relation avec un être vivant, pas toujours stable dans son comportement
et son caractère.
En effet, cette relation, afin qu’elle soit harmonieuse,
nécessitera des ajustements en raison des différences de nature, de physique et
de caractère afin d’établir une communication entre les deux êtres.
C’est ainsi que l’attitude, le comportement et l’état d’esprit
du cavalier influencent énormément le comportement du cheval sous la selle.
En effet, le cheval ne disposant pas d’un langage verbal,
celui-ci développe une grande sensibilité au langage gestuel. Il sent la plus
petite contraction musculaire, remarque le roulement des yeux, la tension des
épaules et tous les signes minimes qui trahissent les différentes émotions des
individus.
Le cheval possède la faculté de déceler l’état d’esprit du
cavalier via son corps. L’attitude et l’état d’esprit du bipède conditionnent
partiellement le comportement et l’état mental du quadrupède.
L’équitation exige de plus en plus la mobilisation de
qualités physiques importantes relevant à la fois d’aptitudes constitutives
mais aussi de capacités énergétiques telle que la capacité aérobie, la
puissance anaérobie, la vitesse, la force et la puissance, la coordination
neuro-motrice,...
Le cavalier doit prendre conscience qu’il est un athlète
au même titre que le cheval et qu’une parfaite condition physique est
indispensable à la pratique de son sport en vue de résultats.
Cette condition optimale du sujet ne peut exister que
grâce à une réelle préparation physique qui aura pour but de prévenir les
accidents musculaires et articulaires grâce à différents moyens
·
échauffements (à pied et à cheval)
·
étirements
·
exercices de renforcement
musculaire
·
bonne maîtrise de la respiration
·
alimentation adaptée et variée
·
parfaite hydratation
·
souplesse des muscles et des
tendons
·
souplesse des
articulations
Ces moyens de préparation de la condition physique nous
conduisent donc à détailler plus précisément les qualités bio-énergétiques
nécessaires à tout cavalier de compétition
Parmi l’ensemble des tissus corporels, la masse maigre
(=ensemble des tissus corporels à l’exception des lipides) représente un
facteur important pour la performance sportive chez le cavalier.
Alors que l’indice moyen des individus est de 100, on
recherche chez le cavalier un indice supérieur ou égal à 120.
Par contre, en ce qui concerne la proportion et le nombre
de fibres rouges et blanches, celles-ci sont déterminées au cours de la vie
embryonnaire et ces données ne sont donc pas pris en compte pour le cavalier,
même si on est conscient qu’un pourcentage élevé de fibres à contraction lente
est un facteur nécessaire à des performances de type endurance (l’équitation
par exemple).
L’intégrité de ces systèmes est nécessaire pour la
réalisation d’une performance, et certaines données comme un rythme cardiaque
faible, une capacité pulmonaire importante, une bonne élasticité des vaisseaux
sanguins sont vraiment avantageux dans la discipline de l’équitation, quelle
que soit la spécialité.
Ces systèmes, qui assurent des fonctions indispensables,
sont plus ou moins adaptés à la production d’efforts.
Un mauvais fonctionnement de la digestion peut-être un
facteur handicapant pour la pratique de l’équitation, tout comme le mauvais
fonctionnement des glandes endocrines qui peut entraîner une mauvaise
régulation contre le froid (l’équitation est un sport d’extérieur !), ou une
perturbation des mécanismes de contrôle neuromusculaire (perturbation liée aux
émotions,...).
Le système nerveux, quant-à lui ne peut se permettre
aucune défaillance, la discipline de l’équitation nécessitant en permanence la
mobilisation totale de ce système.
Toute contraction musculaire nécessite la libération d’une
certaine quantité d’énergie au niveau des fibres musculaires. Une fois libérée,
cette énergie doit être reconstituée afin que la contraction musculaire puisse
se produire. Ce renouvellement peut se faire grâce à l’intervention de deux
systèmes (aérobie et anaérobie).
Elle est le plus utilisée chez le cavalier et il permet de
reconstituer l’énergie grâce à l’utilisation de l’oxygène transporté jusqu’au
niveau des fibres musculaires.
Elle permet de reconstituer de l’énergie sans intervention
de l’oxygène, mais concerne très peu le cavalier sauf pour les épreuves de CCE
(concours complet d’équitation combinant des épreuves de dressage, saut d’obstacles,
cross et deux routiers).
Parmi les facteurs influençant la performance, ceux qui ont trait à l’alimentation en général sont très important et on peut distinguer le régime diététique du cavalier, l’alimentation avant et après une épreuve et la préparation biologique.
·
vitamines et éléments tels que
calcium, fer,...
·
protéines : 15% environ
·
lipides : 25% environ
·
glucides : 60% environ
Ainsi, tout cavalier doit prendre en compte toutes ces
caractéristiques, niais, de plus, doit veiller à conserver la parfaite
intégrité de son cheval.
En effet, le cheval n’est pas naturellement performant, et
encore moins à long terme, et sa performance est le résultat de l’intégration
·
de la locomotion
·
des propriétés musculaires
·
des propriétés
cardio-respiratoires
·
de la réponse métabolique à l’exercice
·
du mental
En résumé, pour qu’un cheval soit un « bon performer », il
faut l’amener au maximum de son potentiel physique
·
en améliorant sa tenue et son
endurance maximum.
·
En diminuant l’incidence des
blessures (osseuses, tendineuses,...)
Les mouvements du cheval résultent de la mobilisation, par
les muscles et les tendons, des pièces mobiles du squelette. La contraction des
muscles entraîne une dépense d’énergie comme chez l’humain et produit de la
chaleur et de l’acide lactique.
Ce système participe donc à l’effort puisqu’il doit
augmenter l’apport d’oxygène et éliminer davantage de dioxyde de carbone au
niveau des muscles. Chez le cheval, ce système est souvent le facteur limitant
de l’effort.
Le rythme cardiaque révèle l’état du système circulatoire
et permet de bien suivre les efforts que fournit le cheval (à l’aide d’un
stéthoscope ou un cardiofréquencemètre).
De plus, à cause de sa grande taille, le cheval éprouve
des difficultés à éliminer la chaleur produite par ses muscles.
Ainsi, tous les chevaux n’ont pas les qualités qui
conviennent à tous les types d’efforts. Mais, quelle que soit la discipline
sportive, il vaut mieux choisir un cheval possédant une bonne capacité
pulmonaire (passage de sangle bien développé) et un coeur parfait.
Aussi, comme chez l’homme, les muscles d’un cheval ne
travaillent pas de même manière dans une épreuve de course, lors d’un
franchissement d’un obstacle ou lorsqu’il parcourt 70 km au trot. Plus la
distance augmente, plus la participation de la voie aérobie devient importante
par rapport aux voies anaérobies

Cette habileté à focaliser son attention sur une tâche en
cours et, de ce fait, à ne pas être distrait ou affecté par des stimulis
internes ou extérieurs non appropriés est primordiale dans l’équitation.
Sur une reprise de dressage, le cavalier doit « rentrer
dans le mouvement » à exécuter, c’est-à-dire qu’il doit se focaliser sur la
précision de la figure, ressentir l’orientation de son cheval (orientation de
la ligne du dessus, amplitude, cadence, engagement des postérieurs, ...) et ne
peut donc se permettre de s’occuper des évènements extérieurs.
Il ne prend en compte que des informations utiles, ce qui
lui permet de réagir rapidement, corriger un mouvement en cas de besoin et doit
être totalement lucide.
De plus, sachant qu’un cheval réagit à la moindre
contraction musculaire du cavalier, il ne peut se permettre d’orienter son
regard sur d’autres éléments, ce qui conduirait l’équidé à être distrait et
perdre sa concentration.
Elle correspond à la quantité d’informations que le
cavalier est capable de traiter à un moment donné.
Pour l’équitation, dans la discipline du dressage, le
cavalier a de nombreuses solutions à trouver en même temps ,
les mouvements s’enchaînant rapidement. Les sensations peuvent être d’ordre
interne (sensations perçues) et aussi d’ordre externe (environnement, gestion
de l’espace,...) et il est alors nécessaire de créer des automatismes à l’entraînement
afin de diminuer les charges de travail pendant l’épreuve.
En ce qui concerne l’équidé, il ne faut pas ignorer qu’il
ne peut soutenir son attention très longtemps (environ 10 minutes). Cette
notion sera à inclure dans l’entraînement car il ne s’agit pas seulement de
développer les qualités physiologiques et biomécaniques, mais il faut
principalement travailler d’après son mental.
La constitution mentale du cheval a une influence
considérable sur son dressage car ce quadrupède a de la mémoire. C’est une
qualité qui va faciliter son dressage quand le cavalier sait en profiter, mais
qui peut rendre certaines erreurs dangereuses. Il est toujours très difficile
et très long de redresser un cheval, c’està-dire de lui faire oublier de
mauvaises leçons ou autres.
Celui-ci implique une prise d’informations au préalable,
nécessaire à la réalisation d’une performance. L’équitation est un sport en
mouvement, ce qui implique une connaissance et une perception parfaite de l’environnement.
En effet, le cavalier de dressage doit exécuter un
enchaînement de mouvements à différentes allures, avec des transitions à des
points précis et il lui est nécessaire de repérer ses trajectoires et prendre
des repères. L’ancrage visuel est une qualité primordiale.
C’est à ce moment que s’élabore une prise de décision.
Les informations recueillies et traitées en mémoire au
préalable afin d’établir un programme moteur sont alors contrôlées par l’organisme
et subissent des modifications en cas de besoins.
C’est ainsi qu’au cours d’un enchaînement, une
intervention est souvent nécessaire de la part du cavalier, que ce soit pour
rétablir l’équilibre de son cheval, améliorer la cadence et l’amplitude,...,
grâce aux aides (jambes, mains, poids du corps, assiette), tout ceci dans un
souci de discrétion.
Une réponse motrice est, de ce fait, activée. Elle dépend
notamment des différentes situations antérieures rencontrées et corrigées,
selon le résultat obtenu .
Au niveau du cheval, celui-ci se soumet à la demande du
cavalier. Pour qu’il exécute un ordre, il faut qu’il l’ait clairement compris
et la communication cavaliercheval repose donc sur le langage des aides.
Là encore, ce langage permet d’obtenir la disposition des
forces musculaires et repose sur des règles de psychologie animale.
En dressage, elle est également nécessaire et permet bien
souvent d’augmenter la performance. Par rapport aux sports collectifs, elle ne
détourne pas l’attention des adversaires, mais elle permet d’améliorer la
prestation par rapport aux personnes extérieures, à savoir les juges. La
précision sera d’autant améliorée et la qualité des mouvements dans leur
exécution sera meilleure.
Par contre, cette intelligence tactique ne s’acquière pas
du jour au lendemain et nécessite une grande expérience de la part du cavalier.
Ils recouvrent essentiellement les aspects morphologiques
intervenant dans la performance sportive (profils anthropométriques, typologies
constitutionnelles,...)
Il existe certaines aptitudes morphologiques relatives à
chaque sport. Pour l’équitation, une grande taille ou plus précisément des
jambes longues et fines permettent d’englober et canaliser au mieux la masse du
cheval. Le buste, de taille moyenne, permet d’agir au mieux sur l’équilibre du
cheval, le centre de gravité du cavalier étant plus facile à situer par rapport
à celui du cheval.
Aussi, le cavalier doit bénéficier d’une très grande
souplesse articulaire. En épreuve de saut d’obstacles, les étriers du cavalier
doivent être raccourcis afin de pouvoir fonctionner comme un ressort lors d’un
franchissement d’un obstacle, les articulations s’ouvrant au-dessus, ce qui
permet de rester lié à sa monture et d’éviter une chute. En épreuve de
dressage, les étrivières se rallongent afin de pouvoir englober toute la masse
du cheval et canaliser son arrière-main.
De même, on peut évoquer la notion d’endurance spécifique,
c’est-àdire l’adaptation musculaire locale à un type d’effort. En ne prenant
comme exemple que les muscles adducteurs pour l’équitation, on peut se rendre
compte que ces groupes ne sont pas mis enjeu de la même manière dans une autre
activité sportive.
Après avoir défini de façon globale les facteurs
bio-anthropométriques du cavalier, il semble nécessaire de les adapter à ceux
du cheval en vue de réalisation de performances.
Pour la discipline du dressage qui nous concerne
principalement, la conformation du cheval est importante.
La première impression générale doit être celle de l’élégance
et de la présence du cheval.
Une robe flatteuse, sans trop de blanc, une tête
distinguée, des yeux expressifs, des petites oreilles sont à privilégier, ainsi
que certaines qualités majeures comme une réelle aptitude au rassembler, l’étendue
des gestes, les dessous, les aplombs, la ligne du dessus, la locomotion, les
allures,...
Cette approche sous forme d’inventaire plus ou moins
exhaustif des facteurs intervenant dans la performance doit être contextualisée
en tenant compte des caractéristiques spécifiques des pratiques sportives.
En effet, chaque activité sportive privilégie certains
facteurs au détriment d’autres qui apparaissent comme secondaires pour la
réussite sportive.
Dans la discipline de l’équitation, ce sont les facteurs
bioinformationnels qui primeront. Le cavalier est en permanence à l’écoute de
son cheval et n’intervient que d’après les sensations ressenties pour agir au
mieux sur sa monture.
Par la suite, on peut les mettre en rapport avec les
facteurs bio-énergétiques car la mobilisation des qualités physiques est
importante (aptitudes organiques, capacités énergétiques, alimentation,...).
Les facteurs psychologiques ont également leur importance
car la recherche de performance exige de mobiliser de manière régulière et
continue des ressources psychologiques.
Les facteurs bio-anthropométriques interviennent aussi
dans la performance sportive. Même si le cavalier ne répond pas toujours aux
critères idéals, il s’agira d’améliorer au mieux l’assiette du cavalier et de
la placer de façon adéquate sur sa monture.
Enfin, on peut citer les facteurs socio-institutionnels
qui n’interviennent que secondairement par le groupe de cavaliers en charge d’entraînement,
mais cet aspect doit tout de même être pris en compte pour la production d’une
performance.
On déterminera les qualités physiques, techniques,
tactiques, psychologiques, morphologiques selon leur importance.
·
Résistance aérobie
·
Bonne maîtrise de la respiration
·
Souplesse des muscles, des
tendons, des os et des articulations pour assurer le
liant et éviter des gestes
parasites provoquant des mouvements involontaires
chez le cavalier qui seront
transmis au cheval.
·
Coordination et équilibre
·
Position du cavalier à cheval et
son fonctionnement (bassin, buste, jambes, mains).
·
Stabilisation de l’équilibre lors
de transitions (dans l’allure et d’une allure à l’autre) et adaptation de l’équilibre
selon le mouvement à exécuter.
·
Contrôle de la cadence de chaque
allure et son maintien, variations d’amplitude
·
Contrôle de la rectitude aux trois
allures ; maintien de l’incurvation sur les courbes
·
Déplacement latéral de la monture
·
Locomotion juste et recherche d’une
harmonie musculaire
·
Précision (gestion du tracé)
·
Actions pour la correction d’une
attitude
·
Préparation préalable d’un mouvement
(épaules en avant pour préparer un geste à exécuter, rectitude)
·
Recherche d’une cadence supérieure
pour la préparation de certains mouvements.
·
Concentration et anticipation des
mouvements
·
Technique de l’imagerie ;
visualisation
·
Gestion de la respiration
·
Identification et respect des
consignes
·
Posture du bassin : il doit se
diriger vers la rétroversion, l’antéversion
ou aller d’une attitude à l’autre
en fonction des contraintes de la locomotion du cheval, dans les différentes
allures, les différentes amplitudes et les différents rythmes.
·
Orientation du buste : privilégier
la perception du sens de mobilisation du bassin pour rechercher l’équilibre et
le centre de gravité.
·
Au niveau des jambes : relâchement,
fixité, maintien de la place de la jambe.
·
Fixité des mains et dosage dans l’utilisation.
doit
bénéficier d’une bonne maîtrise de la respiration et doit être capable de
fonctionner en endurance aérobie.
Pour le groupe en charge, les tests classiques permettant
d’évaluer la VMA (test de LégerBoucher) ou la capacité aérobie (test de
Conlevo) ne me semble pas nécessaire pour leur niveau de pratique.
Par contre, d’autres tests plus spécifiques à l’équitation
permettant d’évaluer la condition physique et notamment l’endurance peuvent
être mis en place. Ils permettent de travailler en parallèle l’endurance du
cavalier et du cheval.
Séance d’1h à 1h15 à l’extérieur (campagne ou forêt) en
croisant les étriers devant la selle. Le cavalier n’a plus de points d’appui
sur ses pieds.
Ce trotting permet de travailler l’assiette, l’endurance,
la descente des jambes et le renforcement des cuisses.
Il se fait à une vitesse moyenne (200m/min) et toujours au
trot enlevé.
Trotting de base
·
20 » au pas
·
10 » au trot
·
10 » au pas
·
15 » au trot
·
20 » au pas
Au fur et à mesure des semaines et selon la capacité d’endurance
et de résistance des cavaliers, on diminuera le temps du pas pour augmenter le
temps du trot.
Le principe est le même que précédemment en ce qui concerne
la mise en condition du cheval. Pour le cavalier, on cherche à raccourcir les
étriers pour augmenter la souplesse des articulations et travailler sur l’équilibre
et la recherche du centre de gravité dans diverses situations. Les étriers
seront progressivement raccourcis selon la capacité des cavaliers.
des
tests d’efforts sur le terrain sont également pratiqués. L’intérêt pratique est
de repérer, non pas le bon cheval qui sort de l’ordinaire et qui se distingue
des autres, mais le « mauvais » ou le « moyen » dont l’exploitation ne sera pas
rentable et qu’il conviendra d’éliminer rapidement de l’entraînement.
La fréquence cardiaque
est le premier test relatif à l’entraînement.
Sa très bonne linéarité avec la vitesse du cheval sur le
plat permet d’utiliser cette FC pour fixer l’intensité d’un travail.
Lorsqu’on connaît la relation FC/vitesse de son cheval, il
est alors possible de s’affranchir d’une piste balisée et d’adapter
automatiquement la charge d’entraînement à l’environnement.
Le cardiofréquencemètre est le plus couramment utilisé.
En fixant deux électrodes sous la selle reliées à un récepteur qui enregistre la FC pendant l’effort, accompagné d’un système permettant d’enregistrer simultanément la FC et la vitesse (Speed Puls Equus), on peut également obtenir des données exploitables.

Après un échauffement de 10 minutes, le cheval effectue
trois paliers d’une durée de 3 minutes chacun. Chaque palier est effectué à
vitesse constante, et la vitesse est augmentée d’un palier à l’autre.
La vitesse est adaptée selon l’âge et le niveau d’entraînement
du cheval. Une récupération active de 10 minutes termine le test.
Tableau des
vitesses recommandées en m/min chez les chevaux selon l’âge et le niveau
d’entraînement
|
|
||||||
|
|
AGE |
Niveau d'entraînement |
Palier 1 |
Palier 2 |
Palier 3 |
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|
|
2 ans |
0-4 mois |
440 |
450 |
520 |
|
|
|
2 ans |
Plus de 4 mois |
470 |
530 |
590 |
|
|
|
3ans |
Plus de 4 mois |
490 |
560 |
630 |
|
|
|
4 ans et plus |
Plus de 4 mois |
500 |
580 |
660 |
|
|
|
||||||
La FC du cheval au cours de l’effort permettra de déterminer
le paramètre V200 qui représente la vitesse atteinte pour une FC de 200
battements/min
Ces tests permettent d’évaluer l’aptitude cardiaque à l’effort
et, par la suite, le travail par interval-training est le moyen le plus adapté
à l’entraînement du cheval.
Plus souple que le fractionné, il permet de jouer sur le nombre
et la durée des séries, mais aussi sur la vitesse, la durée et la forme des
récupérations.
Il assurera par la suite un entraînement plus rapide que le
travail en continu, limitera la routine en aiguisant l’aptitude du cheval à
mobiliser rapidement les moyens physiologiques, et sollicitera plus fréquemment
ses capacités de récupération.
Si le cardiofréquencemètre est un moyen désormais incontournable, il garde toutefois ses limites et doit être associé au suivi de la lactatémie qui, pour le moment, ne peut être réalisé que par une prise de sang à la jugulaire.

V2 = vitesse pour une
lactatémie de 2mmol/l
V4 = vitesse pour une lactatémie de 4mmol/l FC2 = fréquence cardiaque correspondant à V2 FC4 = fréquence cardiaque correspondant à V4 V200 = vitesse pour une FC de 200 battements/min
Le cheval présentant des lactates élevés à l’effort
fatiguera beaucoup plus vite et, plus la lactatémie est basse lors du test d’effort
pour une vitesse donnée, plus le cheval s’économisera.
Le paramètre-clé est le paramètre V4 qui représente la
vitesse pour une concentration de 4mmol/l : ce paramètre représente la capacité
aérobie du cheval et est assimilable au « seuil de fatigue ».
Le paramètre V200 est un indicateur efficace pour comparer
un cheval donné à d’autres chevaux de même âge et de même stade d’entraînement.
Cela permet d’évaluer son aptitude cardiaque à l’effort.
Pour ce faire, le cheval est équipé d’un enregistreur de
la locomotion (Equimetrix) qui permet de calculer divers paramètres dont la
fréquence des foulées. Cette mesure est synchronisée avec l’enregistrement de
la respiration effectué au moyen d’un microphone positionné près des naseaux du
cheval.
On calcule ainsi le nombre de cycles respiratoires par
foulée. La mesure de ce rapport fréquence de foulée par rapport à la fréquence
respiratoire permet de comprendre que plus un cheval présente une fréquence de
foulée élevée, plus ses cycles respiratoires sont courts. Ceci implique une
baisse du temps d’expiration, une élévation du taux de C02 dans l’organisme et
donc l’apparition d’une fatigue limitant la durée de l’exercice.
Cette analyse au moyen d’un accéléromètre de la locomotion
du cheval est également une technique facile d’utilisation sur le terrain et
donne des informations précieuses sur la fréquence et la longueur des foulées,
ainsi que la symétrie, la régularité et la propulsion.
Dans le cas du cheval de dressage, cette méthode permet d’établir une corrélation entre ces paramètres calculés et les notes des juges en compétition. Les résultats de ces tests ont montré que la cadence des allures diminue avec l’âge et le niveau d’entraînement alors que la propulsion augmente.

La mise en selle traditionnelle révèle le fait que l’entraîneur
n’a aucun moyen objectif de vérifier de manière
mesurable le résultat de l’action, d’où l’apparition de la mise en selle analytique.
En effet, chaque type de situation oblige le cavalier à adopter l’attitude et
le fonctionnement adapté. Le cavalier doit être opérationnel dans tous les
mouvements (piaffer, passage, trot allongé :rassemblé,
appuyer,...) et doit anticiper, être synchrone pour garder son équilibre dans
chacune des situations ainsi que dans leur enchaînement.
Ce sont ainsi les constantes de fonctionnement qui seront
ici testées et les gestes techniques vers lesquels il faut tendre qui pourront
être définis.
Le simulateur Persival HB permet également de tester les
aptitudes dynamiques de la position du cavalier, que ce soit dans le travail
longitudinal (transition, variation d’allure) ou le travail latéral ( déplacement latéral du cheval).
Des mesures sont réalisées pendant 15 secondes au trot ou
galop après stabilisation du mouvement.
Au trot, la fréquence de foulée est de 1.2Hz, mais le
cavalier supporte une fréquence double de 2.4Hz correspondant au mouvement
vertical de chaque demifoulée générée par le poser d’un diagonal (pieds
antérieurs et postérieurs opposés).
Deux amplitudes verticales sont étudiées (68mm au trot et
103mm au grand trot). Pour le galop, la fréquence est de 1.4 foulées/sec.
Le simulateur est placé au centre de 4 caméras filmant à 50 images/sec et les centres articulaires du cavalier sont repérés par 21 marqueurs collés sur le sujet.

Plusieurs analyses en découlent pour formuler le résultat
du test
* mouvement vertical de la C7
·
mouvement longitudinal de la C7
·
position générale du cavalier :
position angulaire moyen du buste par rapport à la verticale ; rapport entre la
charnière dorso-lombaire et la C7 ; position angulaire moyen du bassin par
rapport à l’horizontale : rapport entre les crêtes illiaques antérieures et
postérieures ; position angulaire de la cuisse par rapport à la verticale :
rapport entre le grand trochanter et le genou.
·
Fonctionnement général du cavalier
: amplitude de la rotation du buste par rapport à la verticale ; avancée de la
ceinture considérée comme le jeu du rein du cavalier : amplitude de la rotation
du bassin par rapport à l’horizontale, amplitude de la rotation des cuisses.
·
Courbure basse de la colonne
vertébrale : différences longitudinales entre la charnière dorso-lombaire et la
dorsale moyenne ; différences longitudinales entre la dorsale-moyenne et la
dorsale haute.
·
Déplacement relatif de la C7:
différence entre le mouvement vertical de la C7 et le déplacement vertical de
la selle.
·
Capacité à suivre le déplacement
de la selle : différences entre le déplacement vertical de la crête illiaque et
la selle.
·
Grandissement du haut du corps du
cavalier : différence entre le déplacement vertical de la crête illiaque et la
C7.
L’étude des corrélations entre le mouvement vertical et
les différents paramètres du cavalier permettent d’observer des différences de
position selon les allures vers lesquelles le cavalier devra se diriger
·
au trot : la bascule du bassin, la
courbure du dos, le tangage du buste suivent le mouvement vertical de la selle.
·
Au galop: le bassin est en
opposition de phase avec le mouvement de tangage et celui-ci précède le
déplacement vers la courbure du dos ; le tangage du buste reste étroitement lié
et augmente pendant la phase ascendante de la selle ; lorsqu’elle commence à
monter, elle bascule vers l’arrière et se redresse. Ce léger décalage se
retrouve entre la partie basse et haute du corps qui se lient respectivement au
tangage et au déplacement vertical.
·
Test de la longe
Le cavalier est à cheval, les yeux bandés, et est tenu par
l’intermédiaire d’une longe ; le travail est effectué sur un cercle et la
conduite est assurée par une aide (le longeur = l’entraîneur)
On recherche un travail de sensations et de coordination
des aides dans des variations d’allure et des transitions d’allure.
·
Test des crochets
Le cavalier peut également travailler son cheval avec des
crochets entre le mors (=embouchure du cheval) et les rênes pour assurer la
tension des rênes. Lorsqu’il y a une rupture de contact, le cavalier n’a plus
de moyen de contrôle de sa monture par l’intermédiaire des mains.
·
Travail sur une seule jambe et une
main
Le travail sur une jambe reculée pour contrôler le
déplacement des hanches et la main du côté opposé pour contrôler l’avant-main,
les deux autres membres restent passifs (main dans le dos et jambe passive
devant le quartier de la selle).
L’exercice permet de vérifier l’emploi des aides du
cavalier, sa latéralisation,...
·
Test de précision de l’exécution
des mouvements
Le démarrage et l’arrivée du geste à accomplir se font à
un point précis et on délimite l’espace par des repères significatifs
(obstacles, barres, plots,...)
·
test des barres au sol
Pour le respect de la cadence, on demande au cavalier de
passer des barres au sol en parallèle avec l’exécution d’un mouvement, soit au
début, pendant ou à la fin de l’exercice.
La distance de ces barres au sol sera de 1.20m environ au
trot, et 3m à 3.30m au galop.
·
23 mars : Eckwersheim :imposés
·
6 avril : Saverne : imposés
·
13 avril : Truchtersheim : imposés
+ libres
·
20 avril : Strasbourg : imposés +
libres + libres équipe
·
27 avril : Cernay : imposés
·
4 mai : Colmar : imposés
·
10-11 mai : Championnat ligue
équipe Oberschaffolsheim : imposés + libres équipe
·
15 juin : Marlenheim : imposés
+libres
·
22 juin : Obenheim : imposés
+libres équipe
·
29 juin : Neewiller : imposés
·
7-13 juillet : Championnat de
France par équipe Lamotte-Beuvron : imposés + libres équipe
·
7 septembre : Brumath : imposés +
libres
·
21 septembre : Bischwiller :
imposés + libres
·
28 septembre : Championnat de
ligue individuel Colmar : imposés + libres
·
20-26 octobre : Championnat de
France individuel Saumur : imposés + libres
·
Finales régionales et nationales
individuelles et équipes
·
Compétitions régionales : travail
d’entraînement
Les cavaliers sont évalués sur une reprise imposée dans
toutes les compétitions par 3 juges répartis autour de la carrière de
présentation.
L’enchaînement de cette reprise imposée permet de repérer
les points forts et faibles dans l’exécution de la reprise et permet de
reprendre les mouvements techniques présentant des lacunes à l’entraînement.
De plus, l’évaluation en compétition permet par la suite d’observer
l’évolution des cavaliers et leurs progrès afin de pouvoir être le plus
performant possible lors des 2 finales.
Pour les reprises libres en musique par équipe, les 4
cavaliers évoluent ensemble sur la carrière. Les critères techniques doivent,
dans ce cas, être parfaitement acquis pour s’occuper au mieux de tous les
critères artistiques dans un souci de synchronisation et de symétrie
parfaites, le tout correspondant à une chorégraphie adaptée.
L’enchaînement de ce quadrille (RLM par équipe de 4
cavaliers) en compétitions régionales permettront d’affiner,
voire de modifier certains éléments ou encore réajuster la musique.
La RLM individuelle ne requiert pas les mêmes exigences
que le quadrille (symétrie, alignement) mais, là aussi, l’enchaînement des
mouvements techniques doit presque être automatique afin de s’occuper
principalement de la partie artistique (synchronisation avec la musique,
chorégraphie).
Cette saison 2003, relativement chargée de mars à octobre,
comporte une dizaine de compétitions préparant les deux finales régionales et
les deux finales nationales.
Ces objectifs ont été fixés en accord avec le groupe des
quatre cavaliers seniors en charge et sont prêts à suivre un programme de
travail rigoureux. Leurs années de pratique de l’équitation vont enfin pouvoir
se concrétiser par un objectif conséquent dans le monde de la compétition. En
effet, la plupart des entraîneurs dans cette discipline s’intéresse
le plus souvent aux capacités de performance des jeunes cavaliers, les adultes
étant particulièrement réservés pour une équitation de loisir.

Elle comprend deux étapes qui incluent
· une étape de préparation générale
50% de PPG et PPO
50% de préparation technique
·
le perfectionnement des qualités
physiques
·
l’assimilation des éléments
techniques pour les épreuves libres
·
la préparation chorégraphique et
musicale
· une étape de préparation spécifique
40% de PPO (10% physique et 30% orientée)
60% de préparation technique
·
perfectionnement des éléments de
base
·
perfectionnement de l’interprétation
des mouvements
· perfectionnement des pré-requis pour l’entraînement spécifique
Cette période suit toujours une phase de repos dans une
planification. Dans le cas où les compétitions s’enchaînent, cette période
préparatoire est tout de même incluse dans la planification après une période
de transition suite à une grosse échéance.
D’une durée plus courte que celle avant la saison de
concours, cette préparation générale me semble toutefois nécessaire pour une
révision des systèmes techniques, permettant l’acquisition ou une ré
acquisition des pré-requis pour l’entraînement spécifique.
Dans cette période, on développe les qualités qui
influencent directement le résultat (entraînement spécifique).
Au cours de cette période, le volume de travail est
supérieur (par la quantité d’éléments techniques) à celui de la compétition et
orienté vers la recherche de la sûreté d’exécution.
30% de préparation physique et orientée 70% de préparation
technique
On parle ici de l’optimisation des différents facteurs de
la performance. Le volume général de travail est inférieur à celui du cycle de
précompétition.
Les difficultés techniques augmentent et on se focalise
sur les enchaînements dans leur globalité.
70% des exécutions des enchaînements sont réservés à cette
période et l’accent sera mis sur les reprises libres en musique, nécessitant
non seulement les mêmes exigences que les reprises imposées, mais requièrent aussi
des qualités d’exécution en synchronisation avec la musique (allure, cadence,
... )
Dans la planification, on peut étaler ce macro cycle de
compétition sur 2 mois, mais par la suite (juin, septembre, octobre), ceux-ci
sont d’une période très courte (1 à 2 semaines), vu les exigences du
calendrier.
Il s’agit d’une phase de récupération où les charges de
travail sont réduites. Cette période est plutôt consacrée à l’étude des
modifications à apporter au programme des reprises libres en musique
individuels ou en équipe pour chacun des cavaliers ou lors de la transition de
fin d’année à la création d’une nouvelle composition
30% de préparation physique avec des exercices différents de ceux imposés 70% de préparation technique avec une orientation dominante vers l’étude de nouveaux enchaînements.

Ils visent à enrichir et à élargir le potentiel de base du
sportif.
·
les exercices préparatoires généraux
Totalement différents de la spécialité sportive, ils
développent les qualités physiques en enrichissant la motricité.
·
les exercices préparatoires
orientés
Ils se rapprochent des conditions d’exécution de la
spécialité, sollicitent les groupes musculaires avec des formes de contraction
spécifiques, développent les processus énergétiques dominants.
·
les exercices préparatoires
spécifiques
Ils visent à élargir les potentiels techniques en
utilisant les gestes de la discipline avec un aménagement des charges et des
formes.
Ils visent à augmenter le niveau de performance maximale
du sportif. Ils utilisent des vitesses, des charges, des rythmes, des
conditions les plus proches possible de la pratique de la compétition.
Ils mettent enjeu l’ensemble des composantes de la
performance dans des conditions de stimulation supérieures à celles de la
compétition elle-même.
Il s’agit de tests d’entraînement, des compétitions
préparatoires et de contrôle, d’exercices d’entraînement de type compétitif, et
des compétitions elles-mêmes.
Ce contrôle de l’entraînement détermine son efficacité et
permet de - apporter des connaissances sur le travail réalisé - vérifier les
méthodes et leurs contenus - contrôler l’efficacité pendant les périodes de
compétition - contrôler l’efficacité pédagogique de l’entraînement - Contrôle
du déroulement du processus d’entraînement
Il s’agit de vérifier si les objectifs de la séance ou du
bloc d’entraînement ont été atteints afin d’analyser la charge de travail
·
L’entraînement du groupe de
cavaliers en charge se déroule principalement en soirée (3 séances : mardi,
jeudi, samedi de 20h à 21 h). La réalisation des charges de travail dépend de l’état
de forme des adultes (individus ayant tous une activité professionnelle plus ou
moins contraignante). Cependant, les objectifs d’une séance sont presque
toujours atteints, l’entraîneur étalant l’exécution des charges de la séance
dans le temps (on passe d’un séance d’1h à 2h) en diminuant l’intensité de la
charge ou en y incluant une série d’exercices supplémentaire.
Il en est de même en ce qui concerne la forme physique des
équidés (chevaux d’instruction effectuant parfois plusieurs heures de travail
par jour). Dans ce cas, la séance de travail ne sera pas rallongée, mais l’intensité
sera moindre (moins de séries d’exercice), tout en conservant les mêmes
objectifs, mais exécutés dans une allure inférieure.
·
Les conditions matérielles varient
aussi sensiblement la réalisation des charges de travail. L’équitation étant un
sport d’extérieur, les cavaliers évoluent le plus souvent sur la carrière dans
les mêmes conditions que celles de la compétition (dimension du terrain,
repères). Par contre, les conditions climatiques nous obligent parfois à nous
replier dans le manège (bâtiment couvert de 40X20m). L’exigence de la précision
du mouvement à exécuter sera moindre, mais le mouvement technique en lui-même
sera plus affiné.
Il s’agit de vérifier si l’exercice est acquis au moyen de
tests.
Vérification de l’attitude et du fonctionnement du cavalier
·
Dans le travail longitudinal
Pour rendre un bassin impulsif ou limiter un
fonctionnement trop important : on fait réaliser des transitions rapprochées d’une
allure à l’autre dans un mouvement précis en imposant un rythme précis et des
repères (barres au sol, plots,...)
Pour déclencher le redressement du buste : en variant l’amplitude
du cheval tout en conservant la même cadence
Pour vérifier l’action des jambes (relâchement et fixité)
exécution d’un mouvement sans étriers puis avec pour analyser la qualité de ce
même exercice dans les deux cas. L’exercice est atteint si le cavalier obtient
l’ouverture passive de l’articulation coxo-fémorale et la flexion passive de la
cheville et le maintien de la fermeture de l’angle fémur/tibia
·
Dans le travail latéral
Pour contrôler le fonctionnement du bassin et l’efficacité
haut du corps/bas du corps : faire réaliser des transitions trot pas trot dans
une cession à la jambe sur les grandes diagonales en gardant l’angle de
déplacement. On ne travaille plus le mouvement dans la globalité
, mais on teste à tout moment l’efficacité du cavalier dans l’exercice.
·
Vérification de l’emploi des aides
On teste la maîtrise de l’attitude et de la locomotion du
cheval.
Après l’exécution d’un exercice, on demande au cavalier de
déplier son cheval (extension de la ligne du dessus), puis de le réinstaller dans
l’attitude de travail (attitude haute) et reprendre l’exercice. Le cheval est
dans les aides quand il exécute la demande du cavalier.
Pour la maîtrise de l’incurvation (=capacité du cheval à suivre la ligne d’une courbe en se ployant au niveau du rachis) Ouverture/fermeture du cercle ou huit de chiffre en conservant la rectitude (alignement épaules/hanches sur la courbe)
Après chaque séance, on observe les critères de réussite
en analysant les caractéristiques techniques, tactiques, psychologiques et
spécifiques de la séance
Caractéristiques énergétiques
On s’appuie sur des critères subjectifs dans l’équitation.
Ce ne sont pas des analyses de la fréquence cardiaque, lactates,..., qui sont
réalisées (sauf pour les cavaliers de haut-niveau), mais la vision de l’entraîneur
qui, grâce à son expérience, détermine les capacités énergétiques de ses
cavaliers ou de ses chevaux.
Caractéristiques techniques
Prise en compte du nombre d’exercices réussis et analyse
du comportement du cavalier pour la rectification d’une erreur. Dans un
mouvement technique (travail latéral :épaule en dedans
: mouvement incurvé où les épaules du cheval se déplacent latéralement en piste
intérieure et les hanches conservent la rectitude), le cavalier doit à tout
moment avoir la faculté de rectifier la place des épaules par rapport aux
hanches par le contrôle de ces aides. Il doit prendre en compte les erreurs qui
apparaissent et les corriger et non pas terminer l’exercice à peu près.
Caractéristiques tactiques
Des prises d’information et de décision rapides sont
souvent à prendre en compte pour le cavalier suite à l’apparition de paramètres
d’incertitude d’ordre interne ou externe.
Dans l’équitation de dressage où le cavalier évolue
individuellement en l’absence de partenaires ou d’adversaires, l’analyse des
exercices tactiques réussis ou non se traduit principalement par la gestion de
la précision dans la préparation et l’exécution des mouvements, l’anticipation
des gestes en parallèle avec le comportement du cheval.
Exemple : travail sur un cercle : la perte de l’incurvation
nécessite un dosage jambes/mains différent de l’approche théorique
traditionnelle ; la précision de ce même cercle (repères, diamètre) sera
effectuée grâce au regard du cavalier sur son point d’arrivée et à l’orientation
de son buste.
Caractéristiques
psychologiques
Le bilan est effectué d’après les comportements des
cavaliers face aux difficultés des exercices, à l’attitude de leur cheval, au
groupe ou à l’entraîneur.
Les cavaliers devraient maintenir un niveau de
concentration élevé durant toute la saison mais, selon les individus, on
observe parfois un manque de concentration et/ou un comportement inapproprié
face au cheval, dus à la fatigue, à l’environnement,...
Ces constatations obligent l’entraîneur à intervenir à bon
escient face à de tels cas en tenant compte des causes réelles et du caractère
du cavalier.
Caractéristiques spécifiques
L’observation de la régularité dans l’exécution d’un
mouvement technique effectué dans des situations plus complexes que celles
imposées dans le cadre des compétitions reste un excellent moyen de déceler les
critères de réussite.
Aussi, le changement d’environnement comme en compétition
(passage du terrain de détente au terrain de présentation) permet de voir les
qualités du cavalier à remettre son cheval en route et retrouver les mêmes
qualités de locomotion qu’à l’échauffement.
A partir de toutes ces données conduisant à un bilan, l’entraîneur
pourra adapter si besoin le contenu de ses séances.
C’est un contrôle organisé de la charge d’entraînement
dans un cycle ou une saison.
Nombre de séances :
140-150
Type de séances réalisés
·
Emploi des aides (locomotion dans
une attitude de détente et de travail ; changement d’attitude et de locomotion
; maîtrise de l’incurvation) : 40%
·
Travail d’endurance : 10%
·
Travail technique : 30%
Nombre de difficultés travaillées
(rectitude,
transitions montantes et descendantes dans l’allure ou d’une allure à l’autre,
incurvation, épaule en dedans ligne courbe, reculer, cession à la jambe,...) :
30 environ réparties selon leur degré de complexité au cours de la saison
Fréquence des séances et orientation
·
3 séances / semaine jusqu’à la
période de pré-compétition de mars
·
4 à 5 séances / semaine + stages
pendant les week-end disponibles à partir d’avril (=périodes de compétition
·
travail général, spécifique, chorégraphie importants dans la période préparatoire
·
préparation technique et
psychologique, enchaînements très importants dans les périodes de compétition
Nombre et qualités des compétitions
·
11 compétitions régionales :
préparation pour les grandes échéances ; elles ne sont pas considérées comme
une compétition proprement dite, mais comme une séance d’entraînement en
situation en vue d’analyser les points faibles à travailler.
·
2 finales de ligue et 2 finales
nationales (individuelles et par équipe) l’accent est principalement mis sur
les finales par équipe. Là encore, les objectifs sont fixés pour la saison 2003
et l’entraîneur tentera de respecter au mieux les différents critères ou les
modifiera dans un souci d’adaptation pour préparer des cavaliers performants
pour les grosses échéances.
La détermination de ces critères lui servira de points de
contrôle dans les différentes étapes et lui permettra d’observer si les
objectifs sont atteints.
·
Contrôle de l’évolution des
adaptations par rapport aux objectifs de la programmation
Ils peuvent être contrôlés par l’évaluation des cavaliers
pendant les compétitions régionales (11 compétitions, soit 18 épreuves
imposées, libres individuelles ou libres équipe). L’entraîneur peut ainsi
observer la capacité des cavaliers à s’adapter aux charges de compétitions.
Hormis les résultat en compétition, des séances de référence peuvent également
être programmées, plutôt sous forme de stage d’une journée (travail de
locomotion le matin et travail d’enchaînements l’après-midi).
Contrôle de la qualité de la
charge d’entraînement
·
Respect des principes de l’entraînement
L’intensité de travail évolue de plus en plus fortement
jusqu’aux deux dernières semaines précédant la compétition. Avant une échéance,
le travail de locomotion (cavalier et cheval) sera à privilégier. Les charges
seront agencées différemment selon les séances ou la période PPG et PPO et
préparation de la chorégraphie dans les périodes de préparation
PPS et préparation technique, enchaînements (avec
chorégraphie ou non) dans les périodes de pré-compétition ou de compétitions.
Variations des composantes de
la charge
·
Nature des charges : charges
externes importantes en volume ou en intensité pendant la période préparatoire
pour pouvoir augmenter les charges internes.
·
Etendue de la charge : en général,
ce sont des charges locales, voire des charges partielles en compétition.
·
Orientation de la charge :
sélectives puis privilégiées en entraînement ; complexes en période de
compétition.
·
Grandeur de la charge : intensité
croissante dans la période de développement, forte en pré-compétition et
dégressive dans les périodes de compétition. Volume important au début puis
décroissant suivant l’avancée dans la saison. On privilégie la qualité et la
complexité en périodes de compétition plutôt que la quantité.
A ce stade, on observe les qualités techniques et
tactiques et le comportement du cavalier qui vont
influencer directement le résultat. L’entraîneur se fixe sur une grille d’observation
ou sur les protocoles des juges remis aux cavaliers à la fin des épreuves ou s’aide
des moyens vidéos.
En entraînement, le cavalier doit être capable d’évaluer
et de réajuster son geste sans l’intervention de l’entraîneur.
Lors des séances, sur une certaine durée, les cavaliers
sont parfois livrés à eux-mêmes pour ressentir les mouvements du cheval et
interpréter les erreurs éventuelles afin de les corriger.
L’utilisation du miroir pour confirmer les sensations
perçues sont également d’une grande utilité.
La relation entre les cavaliers et l’entraîneur est
extrêmement importante et basée sur la confiance, mais les cavaliers doivent
aussi savoir faire-face à des situations où ils se retrouvent seuls.
De plus, la communication entre les deux parties est également primordiale afin que l’entraîneur puisse déterminer la charge interne.

On privilégie la quantité des charges au détriment de l’intensité
au début du macro cycle de développement. Au fur et à mesure, on augmente
progressivement l’intensité puis on les stabilise.
Cette alternance de charges progressives et de charges
stables faibles permet de jouer sur la surcompensation et constitue un bon
moyen de progression.
·
Physiques : la maîtrise de la
respiration, la résistance aérobie ainsi que la souplesse articulaire doivent
être acquis avant tout entraînement technique. Le cavalier doit pouvoir
contrôler toutes ces caractéristiques avant de pouvoir intervenir dans le
travail du cheval.
·
Technique : la position et le
fonctionnement du cavalier et son intervention sur la monture doivent être pris
en compte presque parallèlement par rapport au développement des qualités
physiques, mais elles seront agencées différemment dans chaque micro cycles.
·
Tactiques : on privilégie le
développement des qualités techniques et l’intervention de ces qualités
interviendra plus tard lorsqu’on s’occupera de la qualité de l’exécution des
mouvements.

Le volume de travail est encore important dans ce
mésocycle car on se situe encore à plusieurs semaines de la compétition. La
préparation physique tend à diminuer et en parallèle, la préparation technique
et tactique augmente. On entre de plus en plus dans une logique de compétition
et l’accent sera mis sur la rigueur d’exécution et la précision dans les
mouvements.

Le volume général de travail devient nettement inférieur
par rapport au mésocycle précédent alors qu’on cherche à augmenter la
difficulté technique en intensifiant le nombre d’enchaînements.
Le pourcentage de la préparation physique devient très
faible pour s’occuper de tous les aspects tactiques. On se retrouve vraiment
dans la situation de compétition et on admet que les qualités techniques et
physiques sont acquises, mais qu’il faut être capable de les prendre en compte
dans les enchaînements, dans un souci de développement tactique.
En quoi votre démarche de planification et de
programmation a-t-elle été guidée par les principes de l’entraînement ?
Dans le domaine de l’entraînement sportif, 1 ‘entraîneur
vise à hausser la capacité de performance des athlètes et à les préparer à l’atteinte
d’un sommet de performance au moment opportun.
Une planification est nécessaire pour passer d’un état
actuel à un état idéal et cette finalité recherchée ne peut être laissée aux
fruits du hasard et de l’improvisation. L’entraîneur se doit donc de fixer un
planning et de réfléchir à l’ordonnancement des charges d’entraînement en se
donnant des lignes directrices, tout en respectant les principes de l’entraînement.
Ainsi, après avoir défini ces différents principes, nous
pourrons observer leur prise en compte dans une démarche de planification et de
programmation.
Dans l’entraînement sportif, il est nécessaire de
connaître les méthodes et leur contenu, mais il est également primordial de les
appliquer en fonction de leur spécificité pour chaque activité sportive en
respectant différents principes.
Parmi ces principes, on peut évoquer la notion de
diversité dans l’entraînement.
En effet, on peut alterner le type de travail utilisé pour
développer une même qualité. En prenant comme exemple la discipline de l’équitation
de saut d’obstacles, la variation des distances entre deux verticaux ou oxers,
les trajectoires imposées, la vitesse imposée conduisent au même objectif : l’enchaînement
d’un parcours sans pénalité.
Le nombre et la nature des qualités prises en compte à
chaque moment du plan d’entraînement, ainsi que l’importance de l’effort fourni
dans une séance, dans une semaine ou dans une période permet également de
diversifier les charges d’entraînement en tenant compte du repos en
compensation des efforts consentis.
Aussi, les différents parcours utilisés, l’échauffement
préconisé, la récupération accordée sont autant de points à prendre en compte
pour évoquer la notion de diversité du travail et des qualités sollicitées.
De plus, la diversité se retrouve à tous les moments du
processus d’entraînement. Ce qui change, c’est peut-être le fait que plus l’objectif
approche, plus la zone des alternances va tendre à circonscrire les conditions
de la compétition.
Un autre principe de l’entraînement consiste en la
progressivité, celle-ci s’exprimant plus dans le rapport au temps.
Elle se retrouve au sein de la séance, de l’agencement des
séances et des périodes d’entraînement entre elles.
Elle traduit le fait que l’environnement extérieur accroît
régulièrement sa difficulté, sa spécificité. L’athlète progressant, l’accroissement
des charges extérieures peut être effectif sans que pour autant l’entraînement
devienne plus dur pour l’athlète. A l’inverse, l’entraîneur peut décider d’augmenter
régulièrement la charge extérieure et l’impact supposé
sur l’organisme.
Sans respect d’une progressivité, le sportif risque
simplement de ne pas évoluer, voire de régresser, par manque d’adaptation.
Par contre, en général, les athlètes de haut-niveau
rompent volontairement la progressivité de leur entraînement. Ils accomplissent
des périodes très dures de manière à réaliser une fatigue puis une progression
importante de leur niveau. Cette pratique demande de bonnes bases et une
connaissance approfondie des réactions de l’organisme.
Enfin, la spécificité est aussi à inclure dans les
principes de l’entraînement.
En effet, il s’agit de proposer un contenu d’entraînement
qui corresponde à la discipline et à l’athlète qui la pratique.
L’entraînement est avant tout la rencontre du sportif et d’une
pratique.
Plus qu’une programmation idéale, c’est d’abord l’interaction
et la complémentarité entre le pôle interne et l’organisation externe qu’il
convient de trouver.
Il est alors primordial de se rappeler qu’un entraînement
est spécifique à une personne et qu’une progression pré-établie et appliquée à
un athlète qui a réussi, ne conviendra pas forcément à un autre.
Ainsi, après avoir défini les différents principes de l’entraînement,
on pourra réfléchir sur la façon de les prendre en compte dans une démarche de
planification et de programmation.
La charge d’entraînement ne peut rester tout au long de l’année
à la limite des capacités individuelles de l’athlète, c’est-à-dire qu’il ne
peut être en forme l’année durant.
Par conséquent, il faut procéder à des modifications périodiques
dans l’alternance des séances d’entraînement et de récupération, dans l’augmentation
du volume et la diminution de l’intensité de travail, ...
Il est alors impensable de faire tout et n’importe quoi.
La planification de l’entraînement est indispensable et des objectifs
principaux et intermédiaires sont à fixer dans une logique cohérente.
Dans chaque cycle, l’entraîneur doit respecter une
progressivité bien établie grâce à un plan rigoureux, mais il ne doit pas
ignorer la diversité. Même si les plans satisfont l’esprit avant tout et
permettent le contrôle de la progression et du travail réellement effectué, le
corps, quant-à lui, réclame autre chose. La diversité
est ce qui nous permet de pouvoir rebondir, continuer à évoluer vers de
nouveaux potentiels et elle est une condition importante de l’adaptabilité.
Outre les avantages indéniables de ce qu’elle apporte du
point de vue physique, elle permet également de beaucoup mieux supporter la
charge psychologique liée à l’effort. Changer de parcours d’entraînement, se
dire que nous n’avons pas à refaire à l’identique une séance qui s’est avérée
difficile, changer les volumes ou les intensités d’une séance, sont autant de
bols d’air pour l’esprit qui se souvient de la douleur passée et anticipe celle
à venir.
Ainsi, chacun des déterminants d’une performance doit être
développé de façon optimale et économique, tout en tenant compte du fait que
les phases de récupération qui suivent sont différentes les unes des autres.
Des charges d’entraînement de différentes formes (entraînement de la force, de
l’endurance, de la coordination, ...) affectent l’organisme de façon
différente.
De ce fait, pour s’assurer du caractère progressif de l’entraînement,
il est nécessaire de définir la séance au préalable et d’évaluer son impact
grâce à la définition et à l’agencement des charges d’entraînement.
Aussi, afin que l’efficacité de l’entraînement reste
élevée malgré l’augmentation de sa durée, il est nécessaire, à partir d’un
certain degré de performance, de conduire les processus d’adaptation de façon
spécifique. Il faut tenir compte d’une part de la personnalité du sportif, et d’autre
part, de l’effet de régulation de chaque élément d’entraînement ainsi que de la
priorité et des capacités de coordination spécifique de l’objectif.
De ce fait, les principes de l’entraînement guident la
démarche de planification et de programmation et, de plus, on peut avouer qu’ils
sont en étroite corrélation dans les différents cycles.
En effet, plus on se rapproche de la période de
compétition, plus la diversité du travail fait place à sa spécificité ; plus la
progressivité entre les séances est remplacée par l’alternance travail/repos,
plus cette tendance se justifie jusqu’à l’arrivée des compétitions. A ce
moment, la diversité aura tendance à s’accroître à nouveau de manière à palier
la spécificité due aux compétitions.
Ces changements dans la prédominance des principes peuvent
également s’exprimer par des grands continuums gérant l’organisation de l’entraînement
par rapport à la discipline, au travail des qualités, à l’athlète, au niveau de
pratique.